Être jeune et propriétaire : un rêve demain inaccessible ?

Il y a quelques semaines, Pierre Wunsch, gouverneur de la Banque nationale de Belgique (BNB), s'est employé à tirer la sonnette d'alarme. Selon lui, la concurrence entre les différentes banques commerciales se veut trop féroce, et en particulier sur le terrain des prêts hypothécaires. Cette concurrence, vue d'un bon œil par le consommateur, qui profite de conditions toujours plus avantageuses, pèse néanmoins sur les marges des organismes bancaires, mettant dès lors à mal l'ensemble du secteur. Pour la BNB, la prudence est donc plus que jamais de mise. Si celle-ci prône un durcissement des conditions d'octroi au prêt hypothécaire, les jeunes seront sans doute les premiers à en payer le prix. Explications.

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Vous êtes jeune et souhaitez accéder à la propriété immobilière sans passer par la case "locataire", ou du moins sans trop vous y attarder ? La Banque nationale de Belgique pourrait bien s'y opposer.

Pourquoi ? La raison est simple : pour cette dernière, les banques doivent aujourd'hui se montrer davantage prudentes, et en particulier en ce qui concerne l'apport de fonds propres. Les jeunes, qui bien souvent disposent d'économies plutôt réduites, risquent donc bien de s'en voir les premiers impactés...

La BNB prône la prudence et s'explique

"Le message aux banques est très clair : vous devez faire attention." - Pierre Wunsch, gouverneur de la BNB

Rappelons-le, l'un des principaux rôles de la Banque nationale de Belgique consiste à s'assurer de la bonne santé du secteur financier. Raison pour laquelle, depuis plusieurs années, la BNB contraint les banques à s'assurer des coussins financiers dès lors qu'elles accordent des prêts hypothécaires.

Si cette mesure a vocation à maintenir les banques sur des rails suffisamment solides, elle participe également à veiller à ce que le taux d'endettement des Belges ne crève pas le plafond.

Si les banques disent toutes se montrer prudentes en la matière, reste que le taux d'endettement moyen des ménages belges est aujourd'hui de 60%, soit 2% de plus que la moyenne européenne. Un taux qui a obligatoirement pour nature d'alerter la BNB.

Celle-ci pointe notamment du doigt la tendance qu'ont les banques à prêter plus que la quotité de 80% considérée de tous comme raisonnable. Si les banques n'hésitent parfois pas à franchir la limite, c'est parce que le prêt hypothécaire participe à "capturer" le client pendant de nombreuses années. Il consiste donc en un excellent produit d'appel. Face à ce type de pratique, la BNB dit stop.

Le point de vue des banques

Si les organismes financiers s'accordent à dire que les marges réalisées sont souvent trop faibles, tous se renvoient néanmoins la balle et assurent qu'ils distillent les prêts hypothécaires de manière responsable et raisonnée.

Pour Febelfin, la Fédération belge du secteur financier, la BNB a raison d'alerter mais doit aller plus loin en proposant des mesures.

Quelles conséquences ?

Comme évoqué plus haut, si mesures il y a, les jeunes ne disposant pas d'économies suffisantes ou ne pouvant pas compter sur un coup de pouce parental devront revoir à plus tard leurs envies de devenir propriétaire.

En d'autres mots, l'accès à la propriété ne leur sera pas interdit, mais, puisqu'il leur faudra épargner suffisamment que pour pouvoir y accéder, ce dernier sera obligatoirement plus tardif.

Tempérons...

Reste que la situation actuelle n'est pas catastrophique pour autant. En effet, seul 1% des prêts hypothécaires sont en Belgique défaillants. Il s'agit donc davantage d'éviter une situation potentiellement dangereuse pour l'avenir, de prévenir plutôt que de guérir.

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